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30avril

Archive pour le mot-clef ‘violence éducative’

Les enfants sans défense bientôt sans défenseur, un message d’Olivier Maurel

Vendredi 18 septembre 2009 - Posté par Juliette

Bonjour,

Le gouvernement a décidé de déposer un projet de loi pour supprimer l’institution du Défenseur des enfants, institution représentée actuellement par Dominique Versini qui a été la première Défenseure des enfants à avoir le courage de demander l’interdiction des punitions corporelles. Ce projet de loi a été déposé sans aucune concertation avec l’intéressée ni avec aucune des associations de protection des droits des enfants.

Pour vérifier, voir :
http://www.defenseurdesenfants.fr/communiquePresseAll.php?year=2009&wc=0

Je suggère à tous ceux qui n’acceptent pas cette décision d’envoyer au Premier Ministre le message ci-dessous ou un message d’inspiration semblable et de l’envoyer aussi à tous vos contacts :

Monsieur le Premier Ministre,

J’apprends avec stupéfaction que votre gouvernement, par un projet de
loi présenté lors du Conseil des ministres du 9 septembre, a décidé
de supprimer l’institution du Défenseur des enfants.

Est-il pensable que, dans un pays où le nombre de décès d’enfants par
maltraitance oscille entre 400 et 700, c’est-à-dire entre plus de un
à près de deux décès par jour, on supprime une institution qui est
précisément chargée de la protection des enfants ?

Je vous demande instamment de renoncer à ce projet de loi et, au
contraire, de renforcer la protection dont doivent bénéficier les
enfants de notre pays.

Veuillez agréer, Monsieur le Premier Ministre, l’assurance de ma
haute considération.

Pour écrire au Premier Ministre : http://www.gouvernement.fr/premier-
ministre/ecrire

Ou encore :

M. Le Premier ministre
Hôtel de Matignon
57, rue de Varenne
75700 Paris

Olivier Maurel

Alice Miller, L’enfant sous terreur

Mardi 15 septembre 2009 - Posté par Juliette

L’enfant sous terreur est le troisième livre d’Alice Miller, paru en 1986 (résumé de l’ouvrage en cliquant sur l’image). Après avoir décrit et dénoncé ce qu’elle appelle la “pédagogie noire” dans C’est pour ton bien (1985), Alice Miller s’attaque ici à la psychanalyse, et plus précisément à la “théorie des pulsions”, popularisée à travers le très fameux “complexe d’œdipe”, expression qui est même passée dans le langage courant.
Au cours de son travail avec les patients hystériques, Freud découvre qu’à l’origine des troubles sont presque toujours des abus sexuels subis par ces patients dans leur enfance. Il en tire, en 1896, la “théorie de la séduction”. Mais, quelque temps plus tard, il revient dessus et élabore la “théorie des pulsions”: autant d’abus sexuels ne peuvent avoir lieu dans cette bonne société bourgeoise de Vienne. Les patients les auront fantasmés.
Alice Miller l’interprète comme une volonté inconsciente de Freud d’innocenter les parents, un déni des traumatismes subis dans l’enfance. De son côté, l’enfant, totalement dépendant de l’adulte, n’a pas d’autre choix que de refouler les abus qu’il subit et d’idéaliser ses parents pour survivre.
S’attaquer à l’institution que représente cette théorie freudienne était vraiment courageux de la part d’une psychanalyste. C’est la remise en cause d’un dogme indiscuté. Celui-ci sert de grille de lecture aux analystes, au détriment d’une véritable écoute du patient, au risque de passer à côté des traumatismes réellement subis dans son enfance. Tout sera interprété en termes de pulsions et ainsi le patient est renvoyé à sa culpabilité, tandis que ses parents sont épargnés (ainsi que ceux de l’analyste, par la même occasion). Sa démonstration, à mon sens, est plutôt convaincante.
J’ai été particulièrement frappée par l’idée que l’objectif de la plupart des thérapies n’est au final non pas de permettre à la personne de retrouver son moi véritable, mais de lui permettre de s’intégrer à nouveau (ou enfin) à la société. C’est-à-dire, en réalité, la faire rentrer dans le moule, dans le rang. Certes, cette personne (ré)éduquée, sera devenue un élément acceptable de la société et donc souffrira moins. Mais ce sera au prix de l’étouffement de sa personnalité et de son moi profond.

Voici quelques extraits que je partage avec vous:

Quand la vie et le soi de l’enfant ont le droit de s’épanouir, il n’y a pas besoin de direction extérieure ni d’éducation.

Nous vivons encore aujourd’hui sous une législation qui ne donne pas à l’enfant le droit de légitime défense mais qui donne à l’adulte celui de la discipline. Si un homme dans la rue piquait brusquement une crise de fureur (en se souvenant tout à coup qu’il aurait oublié quelque chose d’important, ou que son supérieur lui a fait des reproches) et, sous l’effet de cette fureur, attaquait et frappait quelqu’un d’autre, la police viendrait sur le champ l’arrêter, même si la victime de l’agression avait été assez forte pour se défendre. Mais s’il fait la même chose avec son propre enfant qui, dans son amour et sa faiblesse physique, lui est totalement livré sans défense, c’est ce qu’on appelle l’éducation et les autorités le cautionnent et même l’encouragent explicitement.

# L’enfant est toujours innocent.
# Tout enfant a des besoins inéluctables, entre autres de sécurité, d’affection, de protection, de contact, de sincérité, de chaleur et de tendresse.
# Ces besoins sont rarement satisfaits, mais ils sont souvent exploités par l’adulte à ses propres fins (traumatisme de l’abus perpétré sur l’enfant).
# L’abus que subit l’enfant a des conséquences pour toute la vie.
# La société est du côté de l’adulte et accuse l’enfant de ce qui lui a été fait.
# La réalité du sacrifice de l’enfant est toujours déniée.
# On continue donc d’ignorer les conséquences de ce sacrifice.
# L’enfant, abandonné à sa solitude par la société, n’a pas d’autre solution que de refouler le traumatisme et d’idéaliser ceux qui le lui ont infligé.
# Le refoulement engendre des névroses, des psychoses, des troubles psychosomatiques et des crimes.

Le nouveau livre d’Olivier Maurel est paru

Samedi 31 janvier 2009 - Posté par Juliette

Olivier Maurel, c’est l’auteur de La fessée aux éditions La Plage, et le président de l’Observatoire de la violence éducative ordinaire (OVEO). Voici son message concernant son nouveau livre qui je l’espère fera date:

Bonjour,

Je vous signale (ou je te signale : j’envoie ce message à ma famille et à mes relations et amis proches et plus lointains) la parution, jeudi 22 janvier, de mon dernier livre :

Oui, la nature humaine est bonne !
Comment la violence éducative ordinaire
la pervertit depuis des millénaires.

Bien que j’en sois l’auteur et que je sois donc tenu à un peu de modestie, j’ai la faiblesse de penser que ce livre est important. Et j’ai la chance que les responsables de la maison d’édition qui l’a accepté et publié (Robert Laffont) le pensent aussi. Ils - et surtout elles - ont beaucoup fait pour que ce livre atteigne son public. Elles en ont envoyé plus de 300 exemplaires aux journalistes de la presse écrite, de la radio, de la télévision et d’internet, ce qui laisse espérer que ce livre ne passera pas inaperçu.

Son but est d’étudier un fait étrange. Comment se fait-il qu’aucun philosophe, théologien, sociologue, psychologue, historien ou psychanalyste n’ait jamais sérieusement tenu compte, dans tout ce qu’ils ont dit sur la nature humaine, du fait, pourtant indiscutable, que 80 à 90% des enfants ont été dressés par la violence (bastonnade, flagellation, etc.) depuis des millénaires ? Est-il pensable que ce dressage n’ait pas eu d’effets sur le corps, la santé, les comportements, la violence, mais aussi l’esprit, les idées, les cultures, les croyances, les religions de tous ceux qui l’ont subi ? En particulier, comment notre conception de la nature humaine, et donc de la nature des enfants, aurait-elle pu ne pas en être influencée ?

Depuis les premières civilisations dotées d’une écriture jusqu’à nos jours, on a attribué aux enfants (et donc à la nature humaine) la “folie” (proverbes bibliques), le “péché originel” (le christianisme), une “violence bestiale” (quantité de penseurs), des “pulsions” mortifères ou une “violence fondamentale” (la psychanalyse). Et cela sans tenir aucun compte de ce qu’on leur faisait subir dès leur petite enfance, ou en le justifiant.

Une fois qu’on a pris conscience du dressage violent subi par la majorité de l’humanité pendant toutes les années où le cerveau des enfants se forme, beaucoup de choses qui paraissaient incompréhensibles s’éclaircissent. Et la violence humaine notamment est beaucoup moins énigmatique. De même, une fois qu’on a compris que la Terre tournait autour du Soleil, on n’a plus eu besoin d’imaginer toutes sortes de théories bizarres pour expliquer le mouvement des planètes.

Cette découverte, ce n’est pas moi qui l’ai faite, c’est Alice Miller. Le but de mon livre est de briser le mur du silence qui, en France, a jusqu’à présent interdit à cette découverte d’être reconnue pour ce qu’elle est : une véritable révolution.

Ce livre n’est pas difficile à lire. Il expose le plus clairement possible la façon dont la violence éducative appliquée à presque tous les enfants a amené de tous temps les hommes à les considérer comme des êtres naturellement déraisonnables qu’il était indispensable de corriger violemment pour les civiliser. Avec, bien évidemment le résultat inverse : une humanité portée à la violence par la violence qu’elle a subie, portée à la soumission aux pires dictateurs ou gourous par l’habitude prise d’obéir, portée à la cruauté par la perte du sens de l’empathie. Tout cela est aujourd’hui largement confirmé par la connaissance du développement du cerveau et par la prise de conscience des remarquables capacités relationnelles innées des enfants : attachement, empathie, imitation.

En vous procurant ce livre, en envoyant ce message à vos amis et connaissances, vous aiderez à son lancement et vous participerez aux changements qu’il peut produire, je l’espère, dans les mentalités. Vous pouvez aussi, après l’avoir lu, dire ce que vous en pensez sur les sites des librairies en ligne ou sur votre blog si vous en avez un. Et si vous me faites part de vos réactions, j’en serai très heureux.

Amicalement.

Olivier Maurel

Lève la main contre la fessée!

Lundi 16 juin 2008 - Posté par Juliette

raise your hand agaist smacking

Le 15 juin, la campagne officielle du Conseil de l’Europe contre les châtiments corporels a été lancée pour sensibiliser à cette question et encourager les pays d’Europe à interdire ces pratiques d’éducation par la violence. Voir ici.

Soutenez cette action

Une scène de violence éducative ordinaire

Lundi 15 janvier 2007 - Posté par Juliette

MaurelL’autre jour, nous avons vu une mère frapper son enfant de 16 mois. Le petit garçon avait fait mal à un autre enfant. Pour lui apprendre à ne pas frapper, cette mère a donc mis une claque bien sonore sur la petite main du coupable, puis l’a enjoint à demander pardon.
Frapper un enfant pour lui apprendre qu’il ne doit pas frapper relève vraiment d’une cruelle bêtise. Sans compter qu’à la perpétuation de la violence, s’ajoutent les conséquences bien connues aujourd’hui à la fois sur le développement du cerveau et sur l’estime de soi de l’enfant frappé.
Heureusement, à ce moment-là, Oriane était occupée et son attention se portait ailleurs. Je n’aurais pas aimé qu’elle soit non seulement témoin de cette violence à l’égard d’un autre enfant, mais aussi du fait que personne, y compris nous, ses parents, ne soit intervenu.
Cette scène me hante depuis.
D’un certain point de vue, cela me rassure: au moins je ne suis pas totalement immunisée contre cette forme de violence-là.

“Frapper un animal s’appelle cruauté. Frapper un adulte s’appelle agression. Frapper un enfant s’appelle éducation”, cité par Olivier Maurel, La fessée, éditions La Plage.
En savoir plus, cliquez ici.