liberté d’instruction « Le monde d’Oriane, enfant libre


30avril

Archive pour le mot-clef ‘liberté d’instruction’

Le jour de la non rentrée

Jeudi 3 septembre 2009 - Posté par Juliette

Aujourd’hui c’est le jour de la non rentrée. Mais contrairement au non anniversaire, ça se fête 365 jours par an!
Oriane a trois ans et n’ira pas à l’école. C’est le début d’une grande aventure ou tout simplement la vie qui continue… comme avant!
On continuera à lire des livres, à compter les bateaux et les stations de métro (enfin ça plus pour très longtemps ;-) ), à composer des mots avec les lettres magnétiques, à dessiner et peindre, à faire de la balançoire et du toboggan avec les autres enfants du quartier, la liste n’a pas de fin! Tout ce qu’Oriane fait à longueur de journée.

Et là? Là elle dort encore. Grasse matinée à volonté! Mademoiselle Oriane continuera à vivre et à apprendre au rythme qui est le sien. C’est la principale motivation de notre choix.

Quelques infos sur la non-sco?
Association LAIA (Libres d’apprendre et d’instruire autrement)
Association LED’A (Les enfants d’abord)


Un Joyeux non anniversaire - Alice au Pays des Merveilles
envoyé par jedall - Court métrage, documentaire et bande annonce.

Tout est bien qui finit bien

Jeudi 11 janvier 2007 - Posté par Juliette

Finalement, tout se termine bien. Les amendements incriminés ont été retirés. Le ministre de la famille s’était prononcé contre dans la presse, la commission des affaires culturelles de l’Assemblée leur avaient donnés un avis défavorable, le pronostic n’était pas trop mauvais. Une liberté est donc préservée… pour l’instant.
Autant j’ai trouvé particulièrement intéressants les débats sur cette réforme et appris beaucoup de choses aussi bien sur le fonctionnement législatif que sur ce qui touche à la protection de l’enfance, autant j’avais été sidérée par la mauvaise qualité manifeste du travail de la commission d’enquête parlementaire sur les sectes, qui a inspiré de manière abracadabrante les amendements sur la liberté d’instruction. A ce titre, l’audition de deux inspecteurs généraux de l’Education nationale est édifiante: l’opinion des membres de la commission est clairement déjà faite, l’Education nationale est considérée comme défaillante voire laxiste, les chiffres donnés - trop faibles - ne conviennent pas… pas assez alarmants.
La visite dans la communauté de Tabitha’s place a été un beau coup médiatique, alors que quelques recherches rapides permettent de se rendre compte que la situation de cette communauté était bien connue depuis longtemps et avait déjà servi de prétexte à la même commission en 1998.

Deux articles intéressants:
L’ATTRISTANTE BÊTISE D’UNE COMMISSION PARLEMENTAIRE de Jean Baubérot, historien, titulaire de la chaire sur la laïcité à l’Ecole pratique des hautes études.
Dérives, incohérences, et abus du rapport Fenech-Vuilque de Bernard Bel, Secrétaire de l’AFAR (Alliance francophone pour l’accouchement respecté), webmaster du portail « Naissance ».
Voir aussi le rapport et les auditions de la “Commission d’enquête relative à l’influence des mouvements à caractère sectaire et aux conséquences de leurs pratiques sur la santé physique et mentale des mineurs”.
http://www.assemblee-nationale.fr/12/pdf/rap-enq/r3507-rapport.pdf

A l’Assemblée nationale

Mercredi 10 janvier 2007 - Posté par Juliette

assemblee.jpgPour voir ce qu’il advenait des amendements au projet de loi sur la Réforme de la protection de l’enfance s’attaquant à la liberté d’instruction, je me suis branchée sur la séance en direct. Et j’ai trouvé les débats plutôt intéressants. Lors de la discussion générale précédant celle sur les amendements au texte, l’intervention de Claude Leteurtre, député UDF d’une circonscription normande et chirurgien de son métier m’a particulièrement frappée. Je vous en livre un extrait:
“Deuxième sujet de préoccupation, le risque normatif de ce texte : on peut en effet y déceler une volonté, plus ou moins avouée, d’uniformisation des comportements, trait caractéristique de nos sociétés contemporaines, qui s’efforcent de nous faire tous entrer dans des petites cases et de considérer comme anormaux ceux qui échappent à cette tentative. Comme je l’avais déjà observé à l’occasion de la discussion du texte réformant la loi de 1975 sur le handicap, la norme prend de plus en plus de place dans notre société. Le tout sécuritaire et le principe de précaution le montrent bien : hors la norme, point de salut !

L’article premier de ce texte fait ainsi référence à « l’équilibre de l’enfant », d’ailleurs nullement défini puisqu’il est multiforme – physique, mental, économique, mais aussi social… Il est également question de « bien-traitance », notion destinée à nous donner bonne conscience au risque de dissimuler une réalité extrêmement complexe. À intervalles réguliers, il est prévu de vérifier la normalité de l’enfant, puis de l’adolescent et enfin du jeune adulte.

Il est vrai que les règlements départementaux des écoles exigent déjà, à l’instigation du ministère, un « certificat d’aptitude à la vie scolaire » pour l’inscription en maternelle de tout enfant âgé de moins de 6 ans en maternelle, et cela sans aucune base légale : selon l’ordre des médecins, aucun critère n’a été notifié aux médecins généralistes, qui se bornent à délivrer des certificats de non contre-indication à la vie scolaire, ce qui est bien différent ! Il n’en reste pas moins que ces certificats sont une première tentative de normaliser les comportements infantiles…

Force est d’ailleurs de constater que nous ne disposons pas de statistiques fiables sur le nombre de mineurs en danger, comme l’a rappelé l’Observatoire national de l’enfance en danger dans son dernier rapport où il notait que « les sources de données existantes ne permettent pas la connaissance précise de la population des enfants en danger en France ». Il en était de même lors de l’examen de la loi sur le handicap, preuve que les cases dans lesquelles on voudrait faire rentrer certains de nos concitoyens, considérés comme hors norme, ne sont pas adaptées à tous les cas, ce qui est heureux.

Je crains également qu’on applique aux mineurs en danger l’exemple donné par la CNSA, qui a réussi en une seule année à imposer ses grilles de lecture concernant le handicap. Il suffirait alors de remplir des grilles d’évaluation, dont les « plus » et les « moins » donneraient un total, comparable à une norme. Or, comment la complexité d’un individu, en particulier celle d’un enfant en période de structuration mentale, pourrait-elle se juger à l’aune de ces bons et mauvais points ? Ne courons-nous pas le risque de marginaliser des enfants et de les marquer à jamais ? La société s’arrogerait ainsi le droit de décider ceux qui sont « médico-socialement » les bons et les mauvais.
(…)
Je suis bien sûr favorable à un renforcement de la protection de l’enfance. Mais la rédaction du texte montre bien la difficulté qu’il y a à définir des normes comportementales dans une société démocratique où prime la liberté de conscience de tout individu, fût-il un enfant.”

Source: http://www.assemblee-nationale.fr/12/cra/2006-2007/104.asp

Cette normalisation à outrance, ce poids de plus en plus grand des institutions qu’on fait peser sur les individus, m’inquiètent vraiment beaucoup. Aussi, j’ai été satisfaite qu’un amendement permette que la consultation du 4e mois de grossesse, qui va devenir “systématique” (entendre “obligatoire”) puisse être faite auprès du professionnel de santé du choix des parents, et non par la PMI, comme le prévoyait le texte. Et dans le même ordre d’idées, que les examens médicaux que devra subir l’enfant à partir de sa sixième année puis tous les trois ans, puissent de même être pratiqués par un médecin libéral et non obligatoirement par le médecin scolaire.

Bon allez, j’y retourne!

Oriane au pays des droits de l’Homme

Mardi 9 janvier 2007 - Posté par Etienne

liberté-égalité-fraternitéOriane, tu ne le sais pas encore, mais tu as énormément de chance, car tu es née en France. La France est un bien beau pays, mais surtout c’est le “pays des droits de l’Homme” dont la devise est “liberté, égalité, fraternité”. Et pourtant…
Voici un petit rappel des droits des parents:
- Déclaration universelle des droits de l’homme, article 26-3 : “Les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d’éducation à donner à leurs enfants”,
- Charte Européenne des droits fondamentaux, article 14-3 : “La liberté de créer des établissements d’enseignement dans le respect des principes démocratiques, ainsi que le droit des parents d’assurer l’éducation et l’enseignement de leurs enfants conformément à leurs convictions religieuses, philosophiques et pédagogiques, sont respectés selon les lois nationales qui en régissent l’exercice.”
Et pourtant, dans le cadre de la Réforme sur la protection de l’enfance qui est ces jours-ci en 1ère lecture à l’assemblée nationale, les députés Fenech et Vuilque viennent de déposer à la dernière minute (vendredi dernier) les amendements 127 et 128 qui remettent en cause ces droits.

C’est pourquoi, cher lecteur, je t’invite vivement à aller signer et à faire circuler la pétition “Education : NON au licenciement des parents !”.
Alors que les médias ne cessent de nous parler des violences à l’école, d’enfants en “échec scolaire” ou encore d’enfants atteints de phobie scolaire, je trouve cela d’autant plus incroyable que des parlementaires s’attaquent à ces droits!