Alice Miller « Le monde d’Oriane, enfant libre


30avril

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7 livres qui ont marqué mes débuts de jeune maman

Mercredi 23 septembre 2009 - Posté par Juliette

Voici sept livres qui m’ont beaucoup apporté lorsque j’étais enceinte d’Oriane ou au début de notre aventure commune. Ce sont tous des “classiques”. Enfin, c’est ainsi qu’ils m’apparaissent aujourd’hui, sauf peut-être le Deborah Jackson dont j’entends peu parler autour de moi. Je trouve intéressant de se replonger dans ces livres après trois années riches et intenses, et de voir ce qui m’en reste.

  • isabelle BrabantVivre sa grossesse et son accouchement : Une naissance heureuse d’Isabelle Brabant me semble incontournable pour accompagner - par un livre - cette attente active qu’est la grossesse. Je l’ai lu et relu, y compris après mon accouchement. Loin des guides proposés d’habitude au grand public, nous sommes ici dans une relation toute autre, où l’on nous parle de notre vécu, de nos émotions. Je m’en souviens comme d’un livre à la fois généreux en détails concrets sur tous les aspects de la grossesse et de l’accouchement et rempli de poésie. Ces quelques mois dans ma vie ont bien été un “voyage intérieur” dans mes profondeurs, et encore aujourd’hui je n’ai toujours pas fini de comprendre la portée de cette initiation.

  • Nathalie RoquesVivre la relation avec son bébé : Allaiter, dormir, porter. Je garde un très bon souvenir de ce livre qui est une initiation aux différents aspects du maternage proximal. Comme son sous-titre l’indique, il y est principalement question d’allaitement (y compris de bambins), du cododo (ou sommeil partagé ou co-sleeping), et du portage. Nathalie Roques est d’ailleurs l’auteur du site http://cododo.free.fr et celle qui a mis en place en France la Semaine mondiale de l’allaitement maternel.



  • Ingrid BauerSans couches, c’est la liberté! À la redécouverte de l’hygiène naturelle du bébé d’Ingrid Bauer, aux Éditions l’Instant Présent. Voici une autre introduction au maternage proximal, au travers d’une pratique qui prend de plus en plus d’ampleur: l’hygiène naturelle infantile. Ingrid Bauer démonte le mythe selon lequel un bébé ne maîtrise pas ses sphincters avant (environ) trois ans, et nous explique comment répondre aux signaux que nous envoie notre bébé - dès la naissance - pour nous signaler leur besoin d’éliminer. Pas du tout une méthode d’apprentissage précoce de la propreté, il s’agit plutôt de renforcer sa communication avec son tout-petit. Mise en pratique à temps partielle avec ma fille, à coup sûr, j’essaierai de m’y mettre à 100% si un deuxième bébé devait un jour agrandir la famille.

  • lorsque bébé pleure deborah jacksonLorsque bébé pleure : 10 règles pour apaiser les angoisses du nourrisson et de ses parents de Deborah Jackson. J’ai trouvé assez amusant ce commentaire d’une lectrice scandalisée sur Amazon et qui décrit très bien le propos du livre:

    “Pour cet auteur, la seule est unique solution à tous les pleurs de votre enfant sera d’aller le chercher immédiatement et de le prendre dans vos bras, et recommencer 5 minutes après s’il le faut !!
    Pas de tétine ! Mais plutôt le sein directement !
    Il ne dort pas ! Prenez-le !
    Ne le mettez pas directement dans sa chambre pour qu’il s’y habitue ! Non prenez-le dans votre chambre avec vous au moins 6 mois !!”

    Deborah Jackson est aussi l’auteur d’un livre sur le cododo, Three in a Bed: Why You Should Sleep with Your Baby.


  • alice miller c'est pour ton bienC’est pour ton bien, Racines de la violence dans l’éducation de l’enfant d’Alice Miller. Un livre tout simplement indispensable pour comprendre la violence éducative… à condition, comme le dit elle-même l’auteur, de le lire en tant qu’enfant de ses parents, sinon gare aux sentiments de culpabilité. Elle y décrit la “pédagogie noire” puis analyse les effets de celle-ci sur de célèbres criminels (dont Hitler). Bien sûr tous les enfants maltraités ne deviennent pas des monstres, en particulier quand ils ont bénéficié du soutien de ce qu’elle appelle un “témoin lucide”. Lire tous les livres d’Alice Miller reste dans mon programme.





  • la fessée olivier maurelLa Fessée : Questions sur la violence éducative d’Olivier Maurel (et préfacé par Alice Miller). Un autre indispensable pour s’informer, comprendre, ne jamais commencer ou se convaincre d’arrêter de frapper son enfant. Quelques pistes pour faire autrement. Olivier est aussi le président de l’OVEO (Observatoire de la violence éducative ordinaire) et a sorti récemment un nouveau livre dont j’ai annoncé la sortie.
  • jean liedloff continuum conceptLe Concept du continuum : A la recherche du bonheur perdu de Jean Liedloff. Aussi fondamental qu’Alice Miller, à partir d’une approche très différente. Tandis qu’Alice Miller analyse les pratiques éducatives de nos sociétés pour les dénoncer, Jean Liedloff a tiré des enseignements de la vie des Indiens Yekwanas (Amazonie) et nous propose une autre vision de l’accompagnement des enfants, élevés dans la proximité constante de leur mère, entourée de toute la tribu, allaités, portés, et évoluant dans une grande liberté. Comme dirait Alisabel : “Attention ça secoue!”.
  • Et vous? Quels livres ont marqué vos premiers pas de parent?

    Alice Miller, L’enfant sous terreur

    Mardi 15 septembre 2009 - Posté par Juliette

    L’enfant sous terreur est le troisième livre d’Alice Miller, paru en 1986 (résumé de l’ouvrage en cliquant sur l’image). Après avoir décrit et dénoncé ce qu’elle appelle la “pédagogie noire” dans C’est pour ton bien (1985), Alice Miller s’attaque ici à la psychanalyse, et plus précisément à la “théorie des pulsions”, popularisée à travers le très fameux “complexe d’œdipe”, expression qui est même passée dans le langage courant.
    Au cours de son travail avec les patients hystériques, Freud découvre qu’à l’origine des troubles sont presque toujours des abus sexuels subis par ces patients dans leur enfance. Il en tire, en 1896, la “théorie de la séduction”. Mais, quelque temps plus tard, il revient dessus et élabore la “théorie des pulsions”: autant d’abus sexuels ne peuvent avoir lieu dans cette bonne société bourgeoise de Vienne. Les patients les auront fantasmés.
    Alice Miller l’interprète comme une volonté inconsciente de Freud d’innocenter les parents, un déni des traumatismes subis dans l’enfance. De son côté, l’enfant, totalement dépendant de l’adulte, n’a pas d’autre choix que de refouler les abus qu’il subit et d’idéaliser ses parents pour survivre.
    S’attaquer à l’institution que représente cette théorie freudienne était vraiment courageux de la part d’une psychanalyste. C’est la remise en cause d’un dogme indiscuté. Celui-ci sert de grille de lecture aux analystes, au détriment d’une véritable écoute du patient, au risque de passer à côté des traumatismes réellement subis dans son enfance. Tout sera interprété en termes de pulsions et ainsi le patient est renvoyé à sa culpabilité, tandis que ses parents sont épargnés (ainsi que ceux de l’analyste, par la même occasion). Sa démonstration, à mon sens, est plutôt convaincante.
    J’ai été particulièrement frappée par l’idée que l’objectif de la plupart des thérapies n’est au final non pas de permettre à la personne de retrouver son moi véritable, mais de lui permettre de s’intégrer à nouveau (ou enfin) à la société. C’est-à-dire, en réalité, la faire rentrer dans le moule, dans le rang. Certes, cette personne (ré)éduquée, sera devenue un élément acceptable de la société et donc souffrira moins. Mais ce sera au prix de l’étouffement de sa personnalité et de son moi profond.

    Voici quelques extraits que je partage avec vous:

    Quand la vie et le soi de l’enfant ont le droit de s’épanouir, il n’y a pas besoin de direction extérieure ni d’éducation.

    Nous vivons encore aujourd’hui sous une législation qui ne donne pas à l’enfant le droit de légitime défense mais qui donne à l’adulte celui de la discipline. Si un homme dans la rue piquait brusquement une crise de fureur (en se souvenant tout à coup qu’il aurait oublié quelque chose d’important, ou que son supérieur lui a fait des reproches) et, sous l’effet de cette fureur, attaquait et frappait quelqu’un d’autre, la police viendrait sur le champ l’arrêter, même si la victime de l’agression avait été assez forte pour se défendre. Mais s’il fait la même chose avec son propre enfant qui, dans son amour et sa faiblesse physique, lui est totalement livré sans défense, c’est ce qu’on appelle l’éducation et les autorités le cautionnent et même l’encouragent explicitement.

    # L’enfant est toujours innocent.
    # Tout enfant a des besoins inéluctables, entre autres de sécurité, d’affection, de protection, de contact, de sincérité, de chaleur et de tendresse.
    # Ces besoins sont rarement satisfaits, mais ils sont souvent exploités par l’adulte à ses propres fins (traumatisme de l’abus perpétré sur l’enfant).
    # L’abus que subit l’enfant a des conséquences pour toute la vie.
    # La société est du côté de l’adulte et accuse l’enfant de ce qui lui a été fait.
    # La réalité du sacrifice de l’enfant est toujours déniée.
    # On continue donc d’ignorer les conséquences de ce sacrifice.
    # L’enfant, abandonné à sa solitude par la société, n’a pas d’autre solution que de refouler le traumatisme et d’idéaliser ceux qui le lui ont infligé.
    # Le refoulement engendre des névroses, des psychoses, des troubles psychosomatiques et des crimes.

    Le nouveau livre d’Olivier Maurel est paru

    Samedi 31 janvier 2009 - Posté par Juliette

    Olivier Maurel, c’est l’auteur de La fessée aux éditions La Plage, et le président de l’Observatoire de la violence éducative ordinaire (OVEO). Voici son message concernant son nouveau livre qui je l’espère fera date:

    Bonjour,

    Je vous signale (ou je te signale : j’envoie ce message à ma famille et à mes relations et amis proches et plus lointains) la parution, jeudi 22 janvier, de mon dernier livre :

    Oui, la nature humaine est bonne !
    Comment la violence éducative ordinaire
    la pervertit depuis des millénaires.

    Bien que j’en sois l’auteur et que je sois donc tenu à un peu de modestie, j’ai la faiblesse de penser que ce livre est important. Et j’ai la chance que les responsables de la maison d’édition qui l’a accepté et publié (Robert Laffont) le pensent aussi. Ils - et surtout elles - ont beaucoup fait pour que ce livre atteigne son public. Elles en ont envoyé plus de 300 exemplaires aux journalistes de la presse écrite, de la radio, de la télévision et d’internet, ce qui laisse espérer que ce livre ne passera pas inaperçu.

    Son but est d’étudier un fait étrange. Comment se fait-il qu’aucun philosophe, théologien, sociologue, psychologue, historien ou psychanalyste n’ait jamais sérieusement tenu compte, dans tout ce qu’ils ont dit sur la nature humaine, du fait, pourtant indiscutable, que 80 à 90% des enfants ont été dressés par la violence (bastonnade, flagellation, etc.) depuis des millénaires ? Est-il pensable que ce dressage n’ait pas eu d’effets sur le corps, la santé, les comportements, la violence, mais aussi l’esprit, les idées, les cultures, les croyances, les religions de tous ceux qui l’ont subi ? En particulier, comment notre conception de la nature humaine, et donc de la nature des enfants, aurait-elle pu ne pas en être influencée ?

    Depuis les premières civilisations dotées d’une écriture jusqu’à nos jours, on a attribué aux enfants (et donc à la nature humaine) la “folie” (proverbes bibliques), le “péché originel” (le christianisme), une “violence bestiale” (quantité de penseurs), des “pulsions” mortifères ou une “violence fondamentale” (la psychanalyse). Et cela sans tenir aucun compte de ce qu’on leur faisait subir dès leur petite enfance, ou en le justifiant.

    Une fois qu’on a pris conscience du dressage violent subi par la majorité de l’humanité pendant toutes les années où le cerveau des enfants se forme, beaucoup de choses qui paraissaient incompréhensibles s’éclaircissent. Et la violence humaine notamment est beaucoup moins énigmatique. De même, une fois qu’on a compris que la Terre tournait autour du Soleil, on n’a plus eu besoin d’imaginer toutes sortes de théories bizarres pour expliquer le mouvement des planètes.

    Cette découverte, ce n’est pas moi qui l’ai faite, c’est Alice Miller. Le but de mon livre est de briser le mur du silence qui, en France, a jusqu’à présent interdit à cette découverte d’être reconnue pour ce qu’elle est : une véritable révolution.

    Ce livre n’est pas difficile à lire. Il expose le plus clairement possible la façon dont la violence éducative appliquée à presque tous les enfants a amené de tous temps les hommes à les considérer comme des êtres naturellement déraisonnables qu’il était indispensable de corriger violemment pour les civiliser. Avec, bien évidemment le résultat inverse : une humanité portée à la violence par la violence qu’elle a subie, portée à la soumission aux pires dictateurs ou gourous par l’habitude prise d’obéir, portée à la cruauté par la perte du sens de l’empathie. Tout cela est aujourd’hui largement confirmé par la connaissance du développement du cerveau et par la prise de conscience des remarquables capacités relationnelles innées des enfants : attachement, empathie, imitation.

    En vous procurant ce livre, en envoyant ce message à vos amis et connaissances, vous aiderez à son lancement et vous participerez aux changements qu’il peut produire, je l’espère, dans les mentalités. Vous pouvez aussi, après l’avoir lu, dire ce que vous en pensez sur les sites des librairies en ligne ou sur votre blog si vous en avez un. Et si vous me faites part de vos réactions, j’en serai très heureux.

    Amicalement.

    Olivier Maurel