
Le placenta
Source: Le Monde
Pendant ma grossesse, j’étais abonnée à la Liste Naissance (maintenant fermée), et il était bien sûr fait mention du placenta très régulièrement. Pas seulement sous l’angle “médical” ou physiologique (position du placenta dans l’utérus, délivrance), mais aussi sous un angle plus inattendu pour moi: son caractère inesthétique (pour rester dans la litote) ou au contraire magnifique; les “bébés lotus” qui restent reliés à leur placenta enveloppé dans un sac en tissu, plusieurs jours ou jusqu’à la tombée du cordon; l’isotropie placentaire qui consiste à transformer le placenta en remède; enterrer le placenta sous un arbre; le manger! Au cours des séances d’haptonomie aussi, la sage-femme nous avait dit combien les bébés aiment se lover contre “leur” placenta, leur “doudou”, en quelque sorte.
Ma curiosité mise à rude épreuve, j’ai eu envie d’en savoir plus sur cet étrange organe (article Wikipédia en cliquant sur l’image ci-dessus), et surtout de voir à quoi il ressemblait. Je satisfis cette curiosité comme je pus grâce à internet. En refaisant cette recherche pour cet article, j’ai trouvé le site de Patti Ramos, une américaine, doula et photographe, qui propose une série de photos, un peu crues à mon goût, je dois l’avouer!
Je ne sais rien de la délivrance du placenta lors de mon accouchement. J’étais bien trop occupée à faire connaissance avec ma fille, posée sur mon ventre, à nous émouvoir avec son papa, à la caresser, la contempler, lui donner sa toute première tétée… Nous sommes restés si longtemps dans la salle de naissance (plus de 3 heures), que la personne chargée de “faire le ménage” est arrivée et a commencé son travail.
Elle s’est emparée d’un récipient métallique et s’apprêtait à en jeter le contenu dans le grand sac poubelle destiné à recueillir les déchets médicaux. J’ai eu envie de voir. Préparée comme je l’étais, je n’ai ressenti aucun dégoût, plutôt un peu de fascination. Rien à voir avec certaines photos où le placenta ressemblait à un sac informe. J’avais devant les yeux une belle galette bien circulaire, toute propre et lisse, comme sur le graphique ci-dessus qui montre la face fœtale. Il était visiblement intact.
Je n’ai qu’un regret: ne pas l’avoir touché!

Quelle belle photo !
C’est une vraie tristesse de n’être pas en mesure de montrer à mes enfants ce qui les a nourri. Des gâteaux placentaires, j’en ai vu plein pendant mes stages d’élève IDE et les miens sont passés à la poubelle
J’en ai les larmes aux yeux en y repensant. Si peu de respect, de reconnaissance… c’est… qu’importe les mots.
Ce sont toutes les tares de notre culture qui pourraient se retrouver symbolisées ici, dans cet escamotage du placenta, sac poubelle, incinération. Dégoût devant le placenta versus l’orgie de viande ingurgitée animaux abattus loin des regards industriellement. Irrespect du corps de l’enfant qu’on a l’autorisation de maltraiter, idem pour la femme parturiente, etc.