Je m’exprime!
Jeudi 29 mars 2007 - Posté par JulietteUne série, que je regardais l’autre jour à la télé, montrait une scène banale de la vie familiale, un petit-déjeuner, je crois. La famille en question apparaît un peu comme «idéale» dans sa normalité : des sœurs qui se chamaillent, des parents attentifs, gentils, « éclairés », qui se disputent un peu mais pas trop, qui ont la juste dose de sévérité, etc. Et tout à coup quelque chose m’a frappé : la manière la plus courante de ces parents de s’adresser à leurs enfants était l’ordre: «Finis tes céréales, dépêche-toi, va t’habiller, ne parle pas sur ce ton…». Rien de plus «normal», quoi. Mais, ça m’est apparu, tout à coup, complètement incongru, absurde et abusif.
De quel droit donnerais-je des ordres à mes enfants? Parce que je suis mère, détentrice de l’autorité parentale? Je ne me sens aucune supériorité par rapport à l’enfant, et encore moins celui que j’ai désiré, conçu, porté, enfanté. J’ai voulu mettre au monde un être pour pouvoir le chérir et le laisser grandir en liberté, et non exercer un pouvoir sur lui et me venger de mon impuissance passée et actuelle.
Plus les jours passent, plus il me paraît inacceptable qu’on veuille me faire endosser le rôle du chef, tandis que mon enfant me devrait soumission et obéissance. En fait, je n’ai pas envie de jouer un rôle tout court. Je crois, qu’en tant que mère, j’ai certaines fonctions, comme celles de nourrir mon enfant, de répondre à ses besoins et de le protéger, jusqu’à ce qu’il n’ait plus besoin de moi. Et, vraiment, je ne vois pas en quoi ça implique un mode de relation hiérarchique.
Je pense à cette expression, «enfant-roi», et je suis frappée d’y voir, une fois de plus, le reflet de cette culture anti-enfant dans laquelle nous vivons. Celle où le rapport de force est la règle, où l’adulte n’a manifestement pas honte de l’exercer sur plus petit et plus faible que soi. Et là où l’enfant est «roi», c’est juste que ce rapport s’est (en apparence) inversé.
À propos d’inversion, je pense aussi à cette phrase que j’ai entendue plusieurs fois: «Mais laissez ce bébé s’exprimer!», vous savez, quand votre bébé pleure et que vous vous précipitez pour le consoler. Cette phrase - qui est la version manipulatoire du fameux et terrible «laissez-le pleurer» - qui fait passer celui qui la dit pour le défenseur de la liberté d’expression enfantine, et vous pour celui qui l’étouffe. Comme si un tout-petit n’avait que les pleurs pour s’exprimer et non, toute une gamme de signaux d’alerte. Les pleurs n’en sont que les derniers stades, quand tous les autres signaux n’ont pas reçu de réponse adéquate (voire ont été totalement ignorés). Et puis donc, un bébé pleure pour s’exprimer, un peu comme un peintre qui peint pour s’exprimer, ou un poète qui écrit des poèmes? Je trouve ça vraiment bizarre comme idée… j’en suis sûre: quand mon bébé pleure, c’est qu’il me dit que quelque chose ne va pas et me demande d’y remédier. Bref, je ne sais pas s’il «s’exprime», mais en tout cas il exprime quelque chose, il communique avec son entourage.
Et tant pis si tout ça paraît farfelu à certains!









































Waaaahhh, nous avons encore énormément de progrès à faire pour accorder nos convictions écologiques et nos pratiques alimentaires! Dans ce document très bien fait, édité par le 
“encadrées” par les bibliothécaires de la section jeunesse (que je ne connais pas encore, mais comme pour l’instant Oriane dévore les livres au sens propre comme au figuré, le moment n’est peut-être pas encore venu de s’y inscrire…). Finalement, nous n’étions pas du tout en retard, car il a fallu encore patienter un peu, avant qu’on nous invite à entrer dans la salle, où chaque enfant fut accueilli par son prénom au son de la guitare. J’ai cru pendant quelques secondes que la conteuse avait appris les prénoms des enfants par coeur… car je l’entends chanter Oriane… Ah la la, il faut croire que j’étais dans mon élément pour imaginer un tel tour de magie ;)… c’était juste la petite fille avant nous qui portait le même prénom.