8 mois
Mercredi 28 février 2007 - Posté par Juliette
Ma petite fille tu as 8 mois. Tu tiens à présent bien assise, sans support, et tu adores ça ! Tu ne sais pas encore t’asseoir par toi-même, mais tu commences à quitter cette position sans trop d’encombre. Tu te mets à quatre pattes, mais tu n’avances pas encore. Tu continues à te déplacer sur le ventre, à reculons et en rond, et ta zone d’exploration s’étend petit à petit.
Nous nous sommes aperçus que tu comprenais le mot « tétée ». Si ton Papa te le dit, tu te tournes vers moi. Si je te le dis, tu deviens soudain très attentive et tu te penches vers le sein. D’ailleurs, maintenant tu me signales avec vigueur que tu veux la tétée en grimpant sur moi et en pressant mon sein. Tu aimes t’installer dans des positions très peu académiques et aussi choisir le sein, boire quelques secondes à l’un, puis à l’autre.
La « phase dans les bras » est loin d’être terminée, mais tu apprécies de plus en plus d’être posée pour vaquer à tes occupations, même si tu n’aimes pas que nous nous éloignions trop. J’ai reconnu ce moment, que Jean Liedlof décrit dans Le concept du continuum, où le bébé commence à se déplacer et revient près de sa mère, régulièrement.
Je suis comme le rocher sur lequel tu viens te reposer entre deux baignades dans la mer, te sécher au soleil ou siroter un nectar, avant de replonger de plus belle. Tu tends tes petits bras en me regardant avec cette intensité merveilleuse et je t’attrape et te serre contre moi. Parfois, c’est juste pour quelques secondes, peut-être avais-tu juste besoin de retrouver mon contact ; parfois tu t’installes pour jouer sur mes genoux et nous nous payons de franches rigolades ; tu joues, tu croques un ou deux livres, tu tètes et parfois tu glisses dans un sommeil sans ombres. Tu entrouvres un œil, aspires le téton qui te chatouillait la joue, et après quelques gorgées de ma potion de sorcière aux mille vertus, tu sombres à nouveau, ta petite main posée tendrement sur moi.
Je comprends maintenant comment se construit le sentiment de sécurité intérieure, la « sécurité de base ». Tu peux progressivement te détacher de moi, parce que tu sais que tu peux revenir à tout moment pour te rassurer et te ressourcer. Tu sais que si tu m’appelles je viens. Puissé-je ne jamais briser ta confiance… Petit à petit, au rythme qui est le tien, tu m’appelleras de moins en moins, il te suffira de te dire que tu peux le faire si tu en as vraiment besoin. Et tu auras créé en toi ce lieu sûr, un refuge de tendresse, tu sais, comme ces nids d’oiseau, faits à l’aide de brindilles, de petites plumes, de feuilles, de mousse, de morceaux de tissus glanés ça et là.
Je te regarde grandir et j’apprends tellement !
